Concrétiser un rêve

Je suis un passionné de la France, de son histoire, de ses terroirs et des vins qui y sont produits. Apporter ma modeste contribution en replantant des vignes, en élaborant des vins que j’aime déguster – ceux qui expriment au mieux leur terroir – est un rêve que j’ai longtemps porté.

Le bon moment

Oser se décider à concrétiser ce rêve est le résultat d’une subtile alchimie : celle où l’on s’aperçoit que l’on a accumulé suffisamment de connaissances pour pouvoir franchir le pas, où l’on se sent parfaitement clair sur le vin que l’on souhaite produire, où ayant commencé à chercher l’endroit qui correspond à ses aspirations, les lieux se révèlent d’eux-mêmes et apparaissent comme une évidence.

Des terroirs inspirants

À Cruzille

J’ai immédiatement été saisi par la sérénité qui se dégageait de ce territoire mêlant pâturages, vignes à flanc de coteaux et forêts coiffant les sommets des monts du Mâconnais. C’est un paysage en partie façonné par les moines de la célèbre Abbaye de Cluny qui ont commencé à de planter de la vigne il y a plus de 1000 ans.

J’ai pu acquérir deux parcelles d’un ensemble de clos clunisiens : des pépites qui s’étaient endormies après la crise du Phylloxéra et qui reprennent vie aujourd’hui. Les premières vignes ont été replantées, les murets et les cadoles sont également sortis de leur sommeil ; il reste à les restaurer pour retrouver l’aspect d’origine de ces petits clos longés par le « Chemin de Cluny » qui menait à l’Abbaye.

À Vergisson

Comment ne pas être impressionné par la beauté de cette roche dressée face à sa jumelle non moins célèbre, Solutré. L’incroyable diversité géologique et la pluralité de microclimats sont autant de possibilités d’expression du Chardonnay qui m’ont permis de produire 3 cuvées spécifiques. Pour la première, j’ai voulu un vin qui plaise aussi bien aux connaisseurs pointus qu’aux amateurs, la bouteille qu’on aime partager entre amis à l’apéritif et qui peut également accompagner un repas : c’est le Mâcon-Vergisson. Il est issu d’une rare variété de Chardonnay « muscaté » qui lui donne sa typicité. La vigne est plantée sur une parcelle qui jouxte le Pouilly-Fuissé « Sur la Roche » qui vient d’être classée premier cru début septembre 2020.

La deuxième cuvée est un Pouilly-Fuissé issu de la parcelle historique située à côté de l’église de Vergisson. Un long élevage en foudre lui permet d’exprimer toute la spécificité de son terroir de calcaires durs à « gryphées ». Un grand vin puissant et minéral

La troisième cuvée enfin est une folie : elle a été élaborée en utilisant uniquement les raisins des très vielles vignes (plus de 80 ans) de la parcelle de Pouilly 1er cru « Sur la Roche ». Elle sera élevée 2 ans.

Le respect du temps

Tout aurait été plus long sans de belles rencontres humaines. Celle d’Emmanuel Guillot en particulier, amoureux passionné de son terroir, un vinificateur de grand talent poursuivant l’œuvre de son père, pionner de la biodynamie.

Des premiers pas à la première bouteille, deux années se sont écoulées. Un temps à la fois court et long. Des mois qui passent très vite pour concevoir le projet, le porter vers la réalisation dans toutes ses dimensions, viticole, juridiques, techniques…. Je suis très heureux aujourd’hui de vous présenter le premier chapitre de cette histoire avec la cuvée de Mâcon-Vergisson. En attendant les cuvées de Pouilly-Fuissé qui poursuivent leur élevage dans l’obscurité des caves séculaires du Mâconnais.

Beaucoup de parcelles clunisiennes restent à défricher et à replanter. Si vous aussi, vous rêvez de faire revivre un morceau d’histoire de France, ou si plus simplement vous voulez acquérir un rang de vigne ou faire votre propre cuvée, parlons en.